9 mois que je n’avais plus écrit…

Mon dernier article fin novembre montrait une jeune femme déterminée…

Il m’aura fallu 9 mois de plus, 9 mois de questions et de doutes, d’engueulades en réconciliations, pour « craquer enfin », et prendre la décision de le quitter. 

9 mois… Quel étrange hasard?

 C’était il y a une semaine. J’ai dit au revoir à l’homme qui me faisait rêver et que j’aimais depuis 8 ans. J’ai surtout quitté celui qui me faisait trop souvent pleurer, qui m’enfonçait au lieu de me soutenir, et qui ne pouvait plus me suivre sur mes projets de vie… Celui qui avait dix ans de plus que moi, deux ados qui lui ressemblent comme deux gouttes d’eau, et pas vraiment l’envie d’avoir un enfant, surtout dans les conditions qui sont les miennes aujourd’hui : avec une donneuse.

Je suis donc dans le train pour Barcelone. 

Mais je ne vais pas à la clinique. C’est encore trop frais. Je dois d’abord me retrouver. Comme on s’est séparé au début des vacances, nos plans sont tombés à l’eau. Je me suis donc retrouvée chez mes parents, et là je pars rejoindre mon meilleur ami et ses potes pour trois jours. J’avance seule. C’est bien. C’est déjà ça. Et dans quelques semaines, je serai prête à retrouver à Barcelone, cette fois ci pour reprendre en main le sens de ma vie, aller à la clinique, et essayer d’avoir un enfant.

Toute seule. 

C’était pas vraiment ce à quoi je m’étais attendue… Mais à l’évidence j’ai 41 ans, il est des moments dans la vie ou l’on se retrouve à la croisée des chemins. Ou il faut prendre ses responsabilités. 

Ce que je veux, c’est ne pas me réveiller trop tard. Quand ce ne sera plus possible. 

Affaire à suivre donc…

Publicités

Je continuerai seule…

Avec mon compagnon, pas de dialogue, pas de réponse, pas d’avancée depuis deux mois, depuis l’échec du 1er transfert en don d’ovocyte.

Plusieurs semaines de réflexion après… J’en ai fait le tour 1000 fois dans ma tête.

Ma décision est prise. Je continue, seule.

Si j’attends encore qu’il soit prêt, sachant que j’ai déjà attendu plusieurs années qu’il pense l’être, je finirai par lui en vouloir. Les doutes de mon compagnon, quels qu’il soient, et même si je pourrais les entendre et les comprendre, ne peuvent pas m’empêcher de me réaliser. Il ne les connaît peut être même pas lui meme : quelles sont ses peurs? Quels sont ses doutes?

Au lieu de continuer à réfléchir et essayer de comprendre les siens, j’ai enfin décidé de réfléchir aux miens.

Et maintenant que j’ai pris ma décision, tout cela me semble très clair, tres simple et surtout tres juste.

Il prendra ensuite la décision qu’il voudra. Mais pas à ma place. Trop d’années que je ne suis pas mon chemin parce que je suivais le sien.

Aujourd’hui, je suis moi, et j’agis pour moi. Je suis ma meilleure amie. Enfin.

A l’arrêt 

Nous sommes a l’arrêt.

A l’arrêt dans notre protocole.

A l’arrêt dans notre couple.

A chaque étape je ne pensais pas qu’il fallait se reposer la question. Visiblement mon compagnon, oui. Notre embryon congelé nous attend… il suffisait de signer le nouveau consentement mutuel.

Mais non. Il n’a pas voulu.

Il me fait du chantage.

Me dit que de toutes façons j’ai peur.

Oui j’ai peur!!! Encore les statistiques. 20% de chance avec 1 embryon congelé. Sans oublier 10% de chance qu’il se decongele mal…

Je pensais juste qu’il allait me consoler, me dire « ca va marcher mon amour « …

Non. Il est parti trois jours en vacances avec ses enfants. 

L’art de me soutenir.

L’art de se mettre a l’arrêt.

Coup de cafard

Il y a un peu plus de six mois je me suis effondrée quand on m’a appris mon infertilité.

Puis j’ai compris que j’avais une chance d’être enceinte un jour grâce au don d’ovocytes.

J’y ai cru, ca m’a aidée a panser ma blessure.

J’ai quand-meme voulu essyer une stimulation.

Bien sûr ca n’a pas marché.

On a donc basculé sur une FIV avec ovocytes d’une donneuse.

Ca n’a pas marché.

Je suis si triste, malheureuse, perdue, en colère, inquiete…

Comme si la nature reprenait ses droits, me punissait -pourquoi? 

Pourquoi n’ai je pas droit a avoir un enfant ?

Le jour J

Vendredi 23 septembre 2016

Nous arrivons a la clinique a 14h.

Apres avoir rempli quelques formalités, le médecin nous rappelle le protocole. A l’issue de la ponction, les ovocytes seront inséminés avec le sperme frais de mon compagnon. Demain matin ils nous appelleront pour nous confirmer le nombre d’embryons fécondés ainsi sue leur évolution qui déterminera la date du transfert entre J+2 et J+5. Et puis bien sur on nous rappelle la réalité :

Atención, il n’y a qué 30% dé chances qué nous allions jusqu’au transfert

Mon compagnon rentre a l’hôtel tandis que l’infirmière m’accompagne à l’étage. Et lui demande de revenir dans deux heures, le temps de la ponction, de l’anesthésie et du réveil.
Je passe par un sas où je me déshabille. J’enfile une charlotte, l’espèce de blouse et les chaussons en papier vert. On m’installe une perfusion. Je n’en mène pas large, et l’infirmière remarque les petites larmes qui glissent sur mes joues et dans mon cou. L’anesthésiste vient me voir. Elle est douce, avec ce terrible accent espagnol aui m’enchante. Elle parle comme Palma de Rossi, me encanta. Elle me rassure sur l’intervention, elle connaît mon dossier, la ponction est une petite intervention, rien à voir avec ce qui m’est arrivé il y a quelques mois (je n’en ai pas encore parlé sur mon blog, ca viendra quand je serai prête). Elle m’encourage à penser non pas à de belles choses mais à des choses MERVEILLEUSES! Je me détends…
On m’installe au bloc. Ils sont nombreux. Trois infirmières, mon anesthésiste sortie d’un filmd’Almodovar, et le chirurgien. On m’explique qu’on va commencer par une échographie de contrôle avant de procéder à la ponction. 

Mon follicule est sur l’ovaire gauche. Quand je le sens chercher à droite, je comprends qu’il y a un problème 

Ils commencent à discuter et l’infirmière blonde semble être désignée pour m’annoncer la mauvaise nouvelle. Je coupe court à ces secondes d’asphyxie :

Hablo español, no se preocupe, he entendido. No hay foliculo. Mi campeon se ha ido…

OK il y avait aucune chance que j’arrive à tomber enceinte avec mes ovocytes. Mais je n’étais pas préparée à ça, à ce qu’on ne fasse même pas la ponction. A ce qu’il n’y ait olus de follicule vendredi après-midi. Je ne veux pas sombrer, pas m’enfoncer, pas craquer. C’est pas possible. Pas rentrer chez nous là comme ça. Ils sont désolés, je leur dis que ce n’est pas grave, c’était une éventualité, c’est la vie. Je repars avec l’infirmière. Elle m’enlève la perfusion. Mon anesthésiste arrive, me demande si je veux un anxiolytique. Non merci, ca va aller… 
Puis, avec le chirurgien, ils me proposent le plan B.